Au cœur de la guerre génocidaire menée par l’État israélien contre les Palestiniens de Gaza, la politique d’urbicide a pour objectif affiché de rendre le territoire invivable et de contraindre ses habitants à l’exil. Typique du colonialisme de peuplement, qui entend effacer la population autochtone et ses aspirations nationales par un travail constant d’ingénierie démographique, la démolition de Gaza a été appliquée graduellement, d’abord à l’est et dans les corridors contrôlés par l’armée israélienne, puis dans les camps du nord de l’enclave, à Jabalia et Beit Hanoun, avant d’être étendue à Rafah, Khan Younès et finalement à Gaza-ville.
Carte de Gaza, mise à jour du 22 octobre 2025. Israël contrôle encore 58 % du territoire derrière la ligne jaune. Les régions de Rafah, Khan Younès, Gaza-Nord et Gaza-ville ont été méthodiquement rasées. Source : capture d’écran du site de l’OCHA.
Après avoir été assiégées et pilonnées par l’aviation israélienne, ces zones ont été méthodiquement rasées au sol par des acteurs extra-étatiques, en plus des troupes officielles de l’État.
L’analyse de ces forces irrégulières et de leurs relations au pouvoir politique ainsi qu’à la hiérarchie militaire permet d’avancer deux hypothèses plus générales sur le projet politique israélien. D’une part, elle appelle à repenser le modèle wébérien de l’État comme détenteur du monopole de la violence légitime, pour saisir la complexité de l’exercice de la violence dans un contexte colonial. D’autre part, elle invite à mieux appréhender les clivages internes aux élites israéliennes, en particulier s’agissant de leur rapport aux institutions de l’État.
Des milices autonomes au service du génocide à Gaza
Le quotidien israélien Haaretz a régulièrement fait état d’une variété d’acteurs israéliens extra-étatiques, plus ou moins officieux, ayant participé…
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