Des coupes budgétaires aux discours politiques, les sciences humaines et sociales sont de plus en plus marginalisées. Derrière les discours de solidarité académique se rejoue une hiérarchie des disciplines qui fragilise la pensée libre et la diversité intellectuelle.
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a transformé le gel des financements fédéraux aux universités en instrument politique. Sous couvert de « lutte contre l’antisémitisme », l’administration républicaine a suspendu des subventions de plusieurs milliards de dollars, touchant des institutions phares comme Harvard, Columbia, Cornell ou Northwestern.
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Face à ce choc budgétaire, certaines universités intentent des recours juridiques, tandis que d’autres s’inclinent, préférant préserver leurs budgets en se pliant aux injonctions politiques trumpistes. Une atmosphère de censure s’installe, dénoncée notamment par le collectif Stand Up for Science, qui alerte sur un climat de peur et de surveillance généralisée.
Derrière cette rhétorique, c’est l’université elle-même, en tant qu’espace de pensée libre, qui est visée. Et ce sont les disciplines critiques qui se retrouvent en première ligne. Les premières frappées par les coupes budgétaires sont les sciences humaines et sociales : histoire des minorités, études de genre, sociologies LGBTQIA+, justice environnementale. Les discours officiels prétendent lutter contre « l’idéologie du genre » ou le « communautarisme », mais la cible véritable est évidente : il s’agit d’étouffer les recherches qui interrogent l’ordre établi.
Aujourd’hui, des…
Auteur: Tristan Cabello, Associate Director, Johns Hopkins University

