Le magazine Causette en liquidation judiciaire en juin 2024 ; l’arrêt de la publication papier de l’expérimental Censored ; le point final de Cheek, verticale féministe des Inrocks, après 10 ans de fonctionnement ; Period, le média féministe de Loopsider, au ralenti ; une cagnotte de soutien pour Nouvelles Questions Féministes… De quoi ces mises à l’arrêt sont-elles le nom ?
Quand Cheek a été racheté par les Inrocks en 2017, après 4 ans d’existence indépendante, le #MeToo n’avait pas encore secoué les plateformes et les médias français. Bonne idée que de s’adosser à un magazine d’une telle envergure, afin d’y creuser les nombreux sujets féministes dans les milieux culturels ? Dès le début pourtant, il faut composer avec l’épineuse question du cas Cantat, en couverture du magazine en octobre, suscitant une vive polémique. La rédaction est divisée, la verticale féministe produit un édito critique – l’édito de la direction de la rédaction des Inrocks sous forme de molles excuses n’apaisant pas grand monde. Les années, les directions générales et rédactions en chef passant, la rédaction de Cheek perd en visibilité : à partir de 2021, l’équipe est drastiquement réduite, et les sujets féministes se font de moins en moins nombreux. Le 9 avril 2025 sur Instagram, l’équipe annonce la fin de l’aventure Cheek, sans explication sur les motifs de cet arrêt inattendu. Malgré les mises en avant de livres et séries féministes dans les Inrocks, malgré le storytelling d’une rédactrice en chef (Carole Boinet) entrée stagiaire dix ans plus tôt, puis à la tête du hors-série Sexe, faut-il en déduire que l’expertise féministe de Cheek n’était plus utile au sein du groupe Combat (Matthieu Pigasse) ? Ou s’agirait-il plutôt d’une banale histoire de restriction budgétaire ? C’est sûrement plus rentable de confier des sujets féministes à des pigistes précarisées et de nourrir…
Auteur: Lucie Barette

