Ils étaient incarcérés dans le tristement célèbre Centre de confinement du terrorisme, connu au Salvador pour être « la plus grande prison d’Amérique », avec 40 000 détenus dans des conditions de sécurité maximale. On vit sans appels ni visites dans ce lieu spécialement bâti par le président Nayib Bukele dans le cadre de sa guerre déclarée contre les gangs.
Mais vendredi 18 juillet, des dizaines de migrants vénézuéliens envoyés là par les États-Unis, enfin libérés, ont pu rentrer chez eux, mettant fin à une détention sans procès décriée par les défenseurs des droits humains. Le Salvador les détenait arbitrairement en contrepartie de millions de dollars versés par Washington. Deux avions les transportant ont atterri dans la soirée à l’aéroport desservant Caracas. Plusieurs passagers sont descendus en levant les bras en signe de victoire, et l’un a même embrassé le tarmac.
Un deal de Trump avec « le dictateur le plus cool du monde »
En tout, 252 Vénézuéliens doivent suivre le même chemin, en vertu d’un accord d’échange de prisonniers passé entre Caracas et Washington. L’administration Trump a en effet indiqué dans la journée que les migrants vénézuéliens avaient été libérés en échange de dix Américains détenus au Venezuela et d’un nombre inconnu de « prisonniers politiques » vénézuéliens. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a remercié le président du Salvador Nayib Bukele « d’avoir aidé à obtenir un accord pour la libération de tous nos détenus américains ». Cet accord est un nouveau signe de la bonne entende entre Nayib Bukele et Donald Trump, qui considère son homologue vénézuélien comme le « dictateur le plus cool du monde ».
Le Venezuela n’a pas indiqué combien de ses ressortissants étaient rentrés, mais le président salvadorien Nayib Bukele a déclaré sur X avoir remis à Caracas « tous les citoyens…
Auteur: Jean-Baptiste François (avec AFP)
