ENTRE MENACES ET MAUVAIS SIGNES, CUBA POURSUIT SA ROUTE
La quinzaine dernière a été marquée à Cuba par une série de faits et d’évènements, tous plus symboliques et emblématiques les uns que les autres. Et tous centrés, ou presque, autour du soixante-cinquième anniversaire de l’invasion de la baie des Cochons (comme on dit à l’étranger) et de la victoire-éclair de Playa Girón (comme on dit ici, ou encore plus simplement : Girón). À savoir 15-19 avril 1961.
L’ « encerclement énergétique »
Tout d’abord, depuis le dimanche 19, le début de la distribution dans tout le pays des différents produits raffinés à Cienfuegos à partir des cent mille tonnes de pétrole que le pétrolier russe Anatoly Kolodkin a apportées à Cuba, la première livraison depuis décembre 2025, sous forme de donation à titre humanitaire, ce qui a permis aux deux semi-alliés et adversaires, la Russie et les Etats-Unis, de tirer honorablement leur épingle du jeu, chacun pouvant revendiquer une sorte de victoire : la première, avoir forcé l’ « encerclement énergétique » imposé le 29 janvier par Washington (tout pays vendant du pétrole à Cuba sera frappé de sanctions tarifaires) ; les seconds, s’être montrés bon seigneur et avoir laissé passer le pétrolier sans l’arraisonner puisqu’il s’agissait d’une « aide humanitaire », et non de « commerce ». Chacun évitant donc brouille et embrouilles bilatérales.
En tout cas, cette semaine a commencé sous de meilleurs auspices, le pays retrouve un semblant de vie, les coupures de courant, du moins à La Havane, ont quasiment cessé, les chiffres concernant les déficits d’électricité aux heures pics se sont sensiblement réduits, l’activité économique peut reprendre à meilleur rythme, le transport s’améliore. Bref, « la vie est belle », pourrait-on presque dire, sauf que cette éclaircie sera momentanée s’il n’arrive pas une nouvelle livraison de pétrole….
Auteur: Jacques-François BONALDI

