Entre refoulement, ressentiment et résilience, un portrait des rescapés des camps de concentration, 80 ans après leur libération

Primo Levi, Elie Wiesel, Simone Veil… Certains survivants des camps de concentration sont connus en raison de leurs témoignages et de leurs engagements politiques ou littéraires. Leurs noms vont briller lors du 80e anniversaire de la libération des camps de concentration, dont le plus grand et le plus connu d’entre eux, Auschwitz, libéré le 27 janvier 1945 par l’Armée rouge.

Comme l’a écrit la psychanalyste française Anne-Lise Stern, elle-même rescapée de ce camp situé en Pologne, « avoir été au camp, ça ne fait pas nécessairement de vous un Primo Levi ». Les survivants anonymes n’ont pas écrit de livres à succès (Levi est l’auteur notamment du bouleversant « Si c’est un homme ») et, pour certains, n’ont jamais témoigné de leur expérience.

Nous ne manquons pas de récits sur l’horreur des camps. Des fondations telles que la Shoah Visual History Foundation et les fondations pour la mémoire de la Shoah et de la Déportation ont recueilli de nombreux témoignages écrits, audio et vidéo d’anciens déportés. Mais la plupart d’entre eux s’arrêtent à la libération des camps. Quant aux études scientifiques, elles portent essentiellement sur les séquelles physiques et psychiques ; elles s’intéressent peu à la vie quotidienne des rescapés.

C’est pour cela qu’au début des années 2000 j’ai commencé à étudier le parcours de 625 survivants juifs et/ou résistants ayant été déportés depuis la France, et à interviewer une trentaine d’entre eux ainsi que leur famille (frères et sœurs, conjoints, enfants).

Ce qui frappe au premier abord, c’est la diversité des trajectoires et des niveaux de résilience. Certains ont été hantés quotidiennement par des cauchemars jusqu’à la fin de leurs jours, tandis que d’autres ont connu par la suite des vies heureuses. Certains ont repris leur vie d’avant (même métier, lieu de résidence et conjoint) et d’autres ont totalement…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Denis Monneuse, Chercheur en RH – chaire RH de l’UCO, Université du Québec à Montréal (UQAM)

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