Nous sommes en Normandie, en 1940. Ce jour-là, la famille Bignon s’est réunie pour fêter la communion de la petite dernière. Coiffe, robe, la cadette de la famille se prépare sous l’objectif de son père. Sur la bobine, le père alterne les plans de la fête qui se prépare avec les colonnes de réfugiés qui fuient les combats qui font rage au nord aux Pays-Bas et en Belgique.
La guerre filmée par les amateurs est ainsi. Et mêle le récit du quotidien avec la grande Histoire. En s’appuyant sur des archives privées inédites le film « Sous nos yeux » de Stéphane Miquel nous plonge dans l’histoire si bouleversée de la Normandie entre 1939 et la libération en 1945. Terre du débarquement, la Normandie fut d’abord une des premières régions occupées par les Allemands, mais elle fut aussi un territoire marqué à jamais par les bombardements alliés.
Témoigner malgré l’interdiction
Dans ces images amateurs, on découvre d’abord la mobilisation des Français dès septembre 1940, où chacun sur son pas de porte amène ce qu’il a d’objets métalliques pour participer aux efforts d’armement, on y perçoit aussi la stupéfaction de la population à l’arrivée des premiers contingents allemands. Mais surtout, on y voit la volonté de témoigner d’une vie bouleversée comme un acte de résistance, alors que dès 1942 filmer devient interdit. Des images jamais montrées…
Auteur: Pierre Bonte-Joseph

