Quand il n’est pas choisi, le célibat est pour beaucoup une épreuve. Surtout quand il dure depuis des années, et que les espoirs de rencontre sont, les uns après les autres, balayés par des déconvenues ou des déceptions amoureuses. Pour les croyants, il met aussi la foi à rude épreuve. Pourquoi Dieu aurait-il mis en chacun le désir puissant d’aimer et d’être aimé et n’exaucerait-il pas la prière de celui qui espère rencontrer l’âme sœur ?
Pour cette enquête, nous avons rencontré des croyants que la foi a aidés à tenir dans la solitude, mais aussi dont l’itinéraire humain et spirituel a été façonné en profondeur par ces années de solitude non choisie. Croire en Dieu leur a non seulement donné la force d’« espérer contre toute espérance », mais ils ont aussi pu découvrir dans la solitude le lieu d’un combat spirituel. « Un temps de maturation humaine et spirituelle extrêmement fondateur », pour conquérir une forme de liberté intérieure et ouvrir une place nouvelle en soi pour l’autre.
Ce n’est pas anodin que le Jubilé des célibataires, un événement inédit, rassemble ce week-end plusieurs centaines d’entre eux à Paray-le-Monial (Saône-et-Loire), le grand sanctuaire du Sacré-Cœur. « On utilise souvent le symbole du cœur pour parler de l’amour de Jésus-Christ », rappelait le pape François dans sa très belle encyclique Dilexit nos. « Certains se demandent si cela a encore un sens aujourd’hui. Or, lorsque nous sommes tentés de naviguer en surface, de vivre à la hâte sans savoir pourquoi (…), nous devons redécouvrir l’importance du cœur », conseillait-il, en évoquant avec des mots très modernes ce lieu « où toute personne, quelle que soit sa catégorie et sa condition, fait sa synthèse ». Ce lieu « capable d’unifier et d’harmoniser l’histoire personnelle, qui semble fragmentée en mille morceaux…
Auteur: Sophie le Pivain

