Pussay (Essonne), reportage
L’été ne fait que commencer et Florent Seban, maraîcher biologique installé depuis 2011 à Pussay en Essonne (Île-de-France), n’avait « jamais vu ça ». Sur l’une de ses parcelles au sol craquelé, les 800 m2 de trèfles qu’il avait semés à la main ont « entièrement grillé par manque d’eau ». « C’est 400 euros de graines et de l’azote dont les plantes ont le plus besoin pour pousser qui sont perdus », souffle-t-il. Quant aux rangs de poireaux, ils sont très clairsemés, malgré l’arrosage.
Membre de la Confédération paysanne, il fait partie des « sinistrés climatiques » qui ont déposé un recours contre l’État en 2025 pour demander une révision de son plan d’adaptation au changement climatique. Il a récemment participé à un appel à « se compter pour peser » avec l’Affaire du siècle.
Avec sa compagne, ils produisent des légumes, des fruits, du miel, des plantes aromatiques et médicinales sur près de 5 hectares. Leur ferme nourrit plus de 130 familles de la région avec des paniers distribués via le réseau francilien de l’Association pour le maintien de l’agriculture paysanne (Amap).
Des choux dévorés par un coléoptère
Y aura-t-il des choux dans les paniers d’hiver ? Ceux qu’il a plantés sont pour certains en piteux état, affectés par un coléoptère, l’altise, « favorisé par les hautes températures et un temps sec », explique le paysan. Il a bien investi dans des voiles pour les recouvrir et tenter de les en protéger, mais il estime malgré tout avoir perdu la moitié de ses choux. L’agriculteur s’inquiète aussi pour ses abeilles, « constamment en recherche d’eau, faute de nectar, car il n’y a plus de fleurs ».
« Éprouvant », « brutal », « traumatisant »… Après trois vagues de canicule depuis mai, les agriculteurs accusent le coup dans leur ferme. Entre des prairies grillées, des céréales à la…
Auteur: Léa Guedj

