Vous lisez l’enquête « La viande cellulaire, une fausse bonne idée pour le climat ». La suite est ici.
In vitro, cultivé, cellulaire, propre, synthétique… Alors que les produits à base de cellules animales sont loin d’être disponibles dans les rayons, ils comptent déjà plus d’une vingtaine de noms. Vingt-trois, selon un rapport publié en 2022. Au fil des années, le terme « in vitro », peu alléchant, a été supplanté par les vocables de « viande cellulaire » et « cultivée », dans les médias notamment. « La couverture médiatique ne fait que promouvoir les produits à base de cellules cultivées », dit à Reporterre Jean-François Hocquette, chercheur à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), qui évite d’utiliser le terme « viande » pour désigner cette pâte de cellules. Moins prévisibles, d’autres relais sont bénéfiques à la viande cellulaire depuis une dizaine d’années : les organisations de défense de la cause animale.
Sur le site Veganuary, qui promeut le véganisme, sous un morceau de steak cru alléchant pour un « viandard », on peut lire : « Toutes les personnes qui sont véganes pour réduire la souffrance animale ou protéger la planète devraient soutenir la viande cultivée, même si elles ne souhaitent pas elles-mêmes en manger. »
Certains liens d’intérêt entre les deux milieux sont connus. Pour la France par exemple, Nathalie Rolland, cofondatrice de l’association Agriculture cellulaire France, qui promeut l’investissement de la France dans cette technologie, est spécialiste de l’agriculture cellulaire au sein de Proveg International, une ONG qui ambitionne de réduire la part de produits animaux dans l’alimentation.
La démonstration ne s’arrête pas là. La viande cellulaire est devenue une alternative crédible pour de nombreux pourfendeurs de la cruauté de l’élevage industriel. « L’attitude générale des militants du bien-être animal et des véganes est que tout ce qui réduit l’utilisation des animaux pour l’alimentation est une bonne cause et mérite d’être soutenu. Ceci est considéré comme une position morale et éthique », explique à Reporterre Marion Nestle, professeure émérite à l’université de New York et spécialiste des politiques alimentaires.
« Notre position est indépendante de nos financements »
En France, la philosophe Florence Burgat, spécialiste du droit animalier, défend cette position : « Il faut se rappeler que le projet vise à offrir aux gens qui mangent de la viande et du poisson des produits qui ne nécessitent pas de mise à mort animale. La viande cellulaire joue un rôle dans une transition pour sortir la viande de…
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Auteur: Magali Reinert Reporterre

