Entrepreneurs : faut-il toujours vouloir accélérer ?

Bien que les entrepreneurs soient particulièrement touchés par la frénésie du travail, ils peuvent se positionner différemment par rapport à l’accélération du temps. Ce concept a notamment été popularisé par les ouvrages du philosophe allemand Hartmut Rosa qui met en avant un paradoxe entre évolution des technologies et organisation du quotidien :

« Plus on économise le temps, plus on a la sensation d’en manquer. »

À partir d’entretiens menés auprès de 54 entrepreneurs, âgés de 27 à 64 ans et évoluant dans des secteurs d’activité variés, nous montrons dans nos travaux que ces derniers donnent un sens différent à leur activité selon qu’ils acceptent ou non l’accélération du temps. Les entrepreneurs qui composent avec elle perçoivent leur activité comme un moyen de rester occupés, d’éviter les questions existentielles, de s’amuser ou d’être efficaces, tandis que ceux qui y résistent peuvent voir dans l’entrepreneuriat un moyen de poursuivre des objectifs éthiques, de mieux faire leur travail, d’avoir des rencontres inattendues ou d’être créatifs.

Acceptation de l’accélération du temps

Soucieux de rester occupés, certains entrepreneurs disent de manière explicite que « le travail sert à ne pas s’ennuyer ». L’un d’entre eux raconte avec humour qu’en raison de sa peur de l’ennui, il n’envisagerait pas de ralentir le rythme de travail, même s’il gagnait au loto.

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La crainte de se confronter à des questions existentielles peut également amener certains entrepreneurs à se réfugier dans un travail intense et à le considérer comme une thérapie :

« Ne pas penser à autre chose. C’est un peu ça. J’ai besoin de travailler parce que si je ne travaille pas, je déprime. »

Sur une note plus positive,…

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Auteur: Sandrine Frémeaux, Professeur, Audencia

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