Jeune sociologue, depuis peu montpelliérain, Laurent Paccaud a centré sa recherche universitaire sur des corps vulnérables, évoluant sur les marges des pratiques sportives, comme des groupes LGBTQI+, ou du handisport. Y trouve-t-on une contestation des schémas dominants de l’institution sportive – dont le sexisme, très particulièrement ? Ou bien ces sportifs périphériques finissent-ils par consolider cette institution sportive, en s’y ralliant ? Entretien
Article initialement paru dans le journal papier numéro 40 du Poing, “Un autre sport est possible”, en mars 2024.
Le Poing : Pour vos recherches en sociologie du sport, vous vous êtes intéressé successivement à des pratiques sportives dans l’univers LGBT, puis dans le handisport, à présent à des personnes traitées pour leur obésité. Y a-t-il un lien entre ces divers centres d’intérêt ?
Je m’intéresse beaucoup aux parcours de vie. Or, beaucoup de situations sont abordées à travers de pures catégories médicales, qui tirent les personnes concernées vers le pathologique, l’anormalité. Même l’homosexualité a été historiquement abordée de cette manière. Ce sont des médecins qui ont forgé ce mot. Les personnes ainsi catégorisées sont assignées à des projets sociétaux, qui visent à les réparer, les remettre dans la norme. Des scripts sociaux leur sont attribués, avec des trajets prévus, des continuités, que déterminent les politiques sociales, de santé, d’accompagnement du handicap, d’assurances, etc.
Le sport tel que nous le connaissons a été pensé par et pour des hommes blancs de catégories sociales supérieures. Les autres ont dû se battre pour accéder à ces pratiques, s’y insérer, ou inventer leurs propres espaces, être reconnus. Certains groupes concernés vont entrer dans une stratégie de contestation virulente du modèle sportif dominant. D’autres au contraire vont chercher à s’en rapprocher et en tirer…
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Auteur: Le Poing

