En septembre 2024, l’équipe de l’émission Minuit Décousu décide de programmer pour le mois d’octobre une émission qui aura pour thème les luttes et les solidarités contre le système de frontières. Elle tourne alors ses micros vers Toulouse où trois camarades du réseau Alarmphone répondent très gentiment à une longue liste de questions qui vont du fonctionnement du réseau d’Alarmphone aux transformations des routes migratoires en passant par le rôle de Frontex dans l’externalisation des frontières hors du sol européen. Un entretien dont l’émission avait soigneusement monté et gardé certains des éléments (heure de radio oblige) mais qui a depuis été retranscrit dans son intégralité. Il apparaissait important de proposer la publication de l’entretien dans le contexte actuel de boucle médiatique réactionnaire depuis que près de 60 000 personnes en mouvement ont franchi la frontière espagnole de l’enclave néo-coloniale de Ceuta au Maroc. Bonne lecture !
Présentations
Minuit Décousu : Est-ce que vous pourriez vous présenter ?
Alarmphone : On est trois personnes qui faisont partie d’Alarmphone-Toulouse et qui habitons Toulouse ou alentours. C’est une équipe d’Alarmphone qui s’est montée localement en 2020.
Le contexte de création d’Alarmphone et ses objectifs
Minuit Décousu : Est-ce qu’on peut revenir sur comment ça s’est monté Alarm Phone de manière générale et puis ensuite la cellule Toulousaine plus précisément.
Alarmphone : En fait Alarmphone ça arrive dans dans le contexte de montée des migrations et de la répression des migrations. Répression qui date quand même depuis longtemps, qui commence dans les années 1970 avec les visas, c’est ce qui va entraîner les passages de frontières de manière irrégulière, mais qui sont assez stables jusqu’en 2013. On compte un millier de passage de la Méditerranée en gros de ce qu’on peut compte jusque là, et à partir de 2014,…
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