La mère d’Alexeï Navalny a réclamé « justice » pour son fils, lundi 16 février, jour du deuxième anniversaire de sa mort. Samedi, une enquête menée par cinq pays dont la France, l’Allemagne et Royaume-Uni, révélait que l’opposant russe aurait été « empoisonné » par Moscou avec une « toxine rare ».
Les cinq pays affirment que de l’épibatidine a été « retrouvée dans des échantillons prélevés sur le corps d’Alexeï Navalny » et a « très probablement entraîné sa mort ». Ce dernier est décédé en février 2024 dans des circonstances troubles, alors qu’il était emprisonné dans le grand nord russe.
Découverte en 1974, l’épibatidine présente un effet analgésique 100 à 200 fois supérieur à celui de la morphine. Cette « neurotoxine particulièrement puissante », selon le ministre allemand des affaires étrangères Johann Wadephul, provoque la mort en faisant « suffoquer ses victimes dans d’atroces souffrances ». Une fois présente dans le corps humain, elle se fixe sur certains récepteurs du système nerveux, entraînant des crises d’hypertension, d’épilepsie, ainsi qu’une paralysie musculaire – y compris du système respiratoire. La personne empoisonnée perd connaissance et ne peut plus respirer.
L’enquête menée par les cinq pays européens souligne par ailleurs que l’épibatidine « n’existe pas à l’état naturel en Russie ». En effet, elle se trouve sur la peau des grenouilles dards d’Amérique du Sud, un groupe d’amphibiens de la famille des Dendrobatidae qui regroupe 170 espèces connues. Dans le cas de la mort d’Alexeï Navalny, il s’agirait, selon l’enquête, de la grenouille d’Anthony (Epipedobates anthonyi), qui vit en Équateur et au Pérou.
Animal le plus toxique au monde
Les belles couleurs vives et à la petite taille des grenouilles dards (la majorité d’entre elles mesure 1,5 cm) sont trompeuses : certains…
Auteur: Charlotte de Frémont

