EPR de Flamanville : un an d'arrêt pour contrôler un réacteur au parcours émaillé d'incidents

Moins de deux ans après sa mise en service, l’EPR de Flamanville va s’éteindre samedi 26 septembre pendant une année presque complète — 350 jours — pour sa première visite de contrôle (VC1). Objectif : inspecter minutieusement chaque recoin de l’installation pour confirmer qu’elle peut fonctionner avec un niveau de sûreté suffisant.

Ce chantier imposé par la règlementation s’annonce hors norme : EDF prévoit 20 000 activités représentant 24 000 heures de travaux menés par quelque 2 500 intervenants et 200 entreprises, pour un coût évalué à plusieurs centaines de millions d’euros. Plusieurs contrôles majeurs doivent avoir lieu : l’examen complet de la paroi de la cuve — équipement majeur de sécurité puisqu’il abrite la réaction atomique — à l’aide d’un robot ; test de résistance avec montée en pression, jusqu’à 206 bars au lieu des 155 habituels, dans le circuit primaire – où circule l’eau radioactive qui transporte la chaleur produite par la fission nucléaire jusqu’aux générateurs de vapeur ; épreuve de l’enceinte de confinement, à 5 bars, pour vérifier son étanchéité…

Cette première visite sera surtout l’occasion de remplacer le couvercle de la cuve défectueuse du réacteur. L’anomalie de cette pièce, une concentration excessive de carbone dans l’acier qui compromet sa capacité à résister à la propagation brutale d’une fissure, avait été découverte dès fin 2014. Ce scandale avait mis en lumière l’étendue des manquements et des falsifications opérées à l’usine Areva du Creusot, où cette pièce avait été forgée, et sur lesquels Reporterre avait longuement enquêté en 2017.

Le fond de la cuve, qui présente le même défaut, ne sera pas changé. « À la différence du couvercle, qui est géométriquement plus compliqué, le fond de la cuve est lisse, ce qui permet de procéder à des contrôles non destructifs au cours…

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Auteur: Émilie Massemin