Equateur: à Guayaquil, le poux de plantes dévore les vieux arbres

A Guayaquil, l’une des villes les plus violentes d’Amérique latine, où les rares parcs sont de précieuses oasis, les arbres flétris ont perdu leurs feuilles et font grise mine. La faute à la cochenille – appelée aussi poux de plantes -, un insecte vorace qui dévore les espèces endémiques.

Sa prolifération menacerait même désormais des cultures emblématiques comme la banane, dont l’Equateur est le premier exportateur mondial.

Les majestueux samans, les ceibos rougeoyants et les florescents guayacans -essentiels pour lutter contre l’érosion des sols- sont quelques-uns des spécimens touchés par cet insecte parasite blanchâtre, semblable à des flocons de neige, qui se loge dans les branches.

Natif et habitant du grand port du sud-ouest de l’Equateur, John Garcia se souvient que jusqu’en 2019, il pouvait profiter d’une ombre naturelle en se promenant dans le jardin de la Citadelle Kennedy, dans le nord de la ville surnommée « la perle du Pacifique ».

« Maintenant, c’est un parc mort. Ici, il y avait de la faune, des oiseaux, beaucoup d’iguanes », raconte à l’AFP ce photographe de 61 ans, fin observateur de la faune et flore locale.

« Un problème grave »

Selon la municipalité, la cochenille (Maconillicococcus hibiscus) « a attaqué il y a 10 ans en Colombie » et « est maintenant très présente dans notre pays ». Sa propagation a été facilitée par la pandémie de Covid-19 qui a frappé la cité de plein fouet et paralysé toute action publique.

Dans l’agglomération de trois millions d’habitants, le long des rives du fleuve Guayas et de ses affluents, épicentre du narcotrafic qui gangrène le pays, les rares espaces verts sont appréciés pour leur fraicheur et…

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