Nous publions l’épilogue rédigé par Éric Toussaint pour le livre Sinchi, qui va être publié prochainement en espagnol, en Equateur. Les auteurs de l’ouvrage – Leonidas Iza, Andrés Tapia et Andrés Madrid – sont membres de la CONAIE, Confédération des Nations Indigènes de l’Équateur : ils ont publié précédemment en 2021 un livre sur le soulèvement populaire de 2019 intitulé Estallido. La rebelión de Octubre en Ecuador (Soulèvement. La rébellion d’octobre en Équateur)[i]. Leonidas Iza est président de la CONAIE.
***
Le soulèvement populaire plurinational de juin 2022 en Équateur, connu sous le nom de deuxième soulèvement de l’Inti Raymi, ne sort pas de nulle part et n’est pas suspendu dans les airs.
Ce soulèvement (Levantamiento) trouve ses racines dans la rébellion d’octobre 2019. Comme le montrent les auteurs du livre Sinchi, la lutte de 2022 est une remise en cause de l’ordre établi, des intérêts économiques des classes dominantes, de la violence institutionnelle et des diktats de l’impérialisme américain à travers le FMI. En même temps, c’est un exercice de mise en pratique de ce qui a été appris en 2019 à tous les niveaux : radicalité des revendications populaires, critique de la « démocratie » libérale, arrêt de la production et de la distribution des biens et autodéfense populaire communale.
Tout cela s’est traduit par une augmentation de la spontanéité des secteurs populaires et de la solidarité des acteurs non organisés qui ont formé un pouvoir parallèle à l’État pendant 18 jours en juin 2022. Cela a donné lieu à des expériences telles que la cuisine communautaire ouverte par la Fédération des étudiant·es polytechnicien·nes, qui a préparé quelque 400 000 rations alimentaires pour les manifestant-es. Cela s’est traduit également par la transformation des centres d’accueil en espaces de diffusion d’idées et d’organisation de ceux…
La suite est à lire sur: www.contretemps.eu
Auteur: redaction

