« Je comprends que certaines personnes veuillent le silence, mais appeler ça un “wagon sans enfants” n’est pas sympa. Il y a des enfants silencieux et des adultes bruyants. Ce n’est pas lié à l’âge. »
À 13 ans, Marcel sait de quoi il parle : d’avril à fin août, avec ses parents et ses frères de 6 et 10 ans, ce voyageur en train aguerri a accompli un périple ferroviaire de cinq mois à travers quinze pays d’Europe. Le dernier wagon d’une longue série de trajets : sa mère étant Française et son père Hongrois, Marcel est bercé par le bruit des rails depuis qu’il est bébé. « J’aime beaucoup le train », raconte-t-il. L’adolescent n’a ainsi pas apprécié l’annonce, par la SNCF, du lancement de sa nouvelle classe Optimum plus. Cette dernière remplace l’offre Business première — qui excluait déjà les enfants — depuis le 8 janvier et promet, entre autres, un « espace calme à bord » où les enfants de moins de 12 ans ne sont pas admis.
« Pour garantir un maximum de confort à bord de l’espace dédié, les enfants ne sont pas acceptés », a communiqué le groupe ferroviaire dans un premier temps, selon une capture d’écran diffusée sur Instagram par le podcast sur l’enfance Les Adultes de demain. Cette annonce a suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux, où la SNCF a été accusée de sombrer dans une dérive « no kids » — un comble à l’heure où les Français sont appelés au « réarmement démographique ». À tel point que Gaëlle Babault, directrice de l’offre TGV Inoui de SNCF Voyageurs, a dû déminer la polémique dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux : « Non, les enfants ne sont pas exclus de nos TGV. Notre offre Optimum occupe moins de 8 % de l’espace d’un TGV Inoui et du lundi au vendredi uniquement, a-t-elle précisé. Nos trains sont pensés pour tous et nous y tenons. »
Le mal était fait. Car cette offre…
Auteur: Émilie Massemin, Erwan Manac’h

