Quelque 70 000 personnes à Madrid, des dizaines de milliers d’autres dans de nombreuses villes espagnoles : après le rejet des mesures du gouvernement de Pedro Sanchez, qui pourrait convoquer des élections anticipées pour sortir de la crise, des manifestations monstres pour le logement ont eu lieu samedi 3 octobre dans tout le pays.
À Madrid, où un campement rassemble une centaine de militants depuis une semaine sur une place ultra-touristique, plusieurs cortèges, marchant derrière une large banderole « Vers la grève générale », ont convergé vers une autre vaste place du centre-ville. Quelque 70 000 personnes, selon les autorités, à 500 000, selon le syndicat des locataires, ont défilé dans la capitale espagnole.
« Ce qui se respire dans les rues, c’est une nouvelle énergie, (…) une énergie qui vient démontrer que huit jours de pouvoir populaire sont capables de faire bien plus que huit ans de gouvernement progressiste », a déclaré, dans une pique à l’adresse du gouvernement Sanchez, Valeria Racu, une des porte-parole du syndicat de locataires à l’origine du mouvement, dans une déclaration transmise à la presse.
« Les politiciens sont aux ordres de l’argent, des fonds vautours, et éloignés du peuple », fustige dans un des cortèges madrilènes Adhara Freile, 41 ans, jardinière, qui vit avec son compagnon dans un appartement d’une pièce à Villaverde, un quartier très excentré de Madrid. L’année prochaine, lorsque leur bail arrivera à échéance, elle craint qu’ils ne soient contraints de quitter leur logement, comme c’est arrivé à d’autres personnes de son immeuble.
« Écrasés par le système »
Libraire de 26 ans, Marcos Sainz, lui, louait auparavant un appartement de 3 pièces avec des amis pour 900 € de loyer. Aujourd’hui, constate-t-il, un 2 pièces vaut souvent 1 000 €. « Et encore, je me sens privilégié parce que je peux me le…
Auteur: La Croix (avec AFP)
