Quand l’inflation dépassait 10 % en 2022 et que les factures d’énergie explosaient, deux types de réponses ont émergé en Europe. D’un côté, des gouvernements qui ont choisi de subventionner les ménages en creusant leur déficit. De l’autre, l’Espagne, qui a décidé de faire payer ceux qui profitaient de la crise pour financer ceux qui la subissaient.
Une logique de redistribution assumée, portée par la ministre des Finances María Jesús Montero avec une formule restée célèbre : « Il est maintenant temps de se serrer les coudes. »
6 milliards récupérés sur les superprofits
La loi 38/2022 a créé deux prélèvements exceptionnels. Le premier vise les entreprises énergétiques, avec une taxe de 1,2 % sur leur chiffre d’affaires. Le second cible les banques, avec un prélèvement de 4,8 % sur leurs revenus nets. Ces taux peuvent sembler modestes, mais appliqués à des secteurs qui affichaient des bénéfices records, ils ont produit des recettes substantielles.
Les chiffres officiels permettent de mesurer l’ampleur de la collecte. En février 2023, María Jesús Montero annonçait les premiers résultats : 817 millions d’euros pour le secteur énergétique et 637 millions pour les banques, soit 1,45 milliard d’euros pour le premier semestre. Le gouvernement tablait alors sur 3 milliards pour l’année 2023 et autant pour 2024.
Les données consolidées confirment ces projections. Selon l’IGAE, les deux prélèvements ont rapporté 2,794 milliards d’euros en 2023. Pour 2024, le ministère des Finances a communiqué un total de 2,859 milliards. Sur deux exercices, l’Espagne a donc collecté 5,6 milliards d’euros auprès des secteurs bancaire et énergétique.
À ces montants s’ajoute l’impôt de solidarité sur les grandes fortunes, instauré parallèlement. Ce prélèvement, qui concerne les patrimoines supérieurs à 3 millions d’euros, touche environ 23 000 contribuables fortunés. Une mesure que les…
Auteur: La Relève et La Peste

