Antonio Tejero Molina, le garde civil espagnol qui avait fait irruption arme au poing et tricorne sur la tête dans la Chambre des députés le 23 février 1981, tentant un coup d’État, est mort, a annoncé mercredi 24 février l’avocat de sa famille sur X.
« Le lieutenant-colonel Don Antonio Tejero Molina est décédé. Un homme d’honneur, d’une foi inébranlable et portant un grand amour à l’Espagne. Que Dieu lui accorde la paix que les hommes lui ont refusée », a écrit Luis Felipe Utrera Molina, le jour même où les documents classifiés sur ce putsch manqué ont été rendus publics.
À la tête d’un groupe de gardes civils, Antonio Tejero, qui s’est éteint à l’âge de 93 ans, avait pris en otages les parlementaires alors que l’Espagne était une toute jeune démocratie, quelques années après la mort de Franco en novembre 1975, provoquant des troubles. Des blindés avaient même été déployés à Valence.
Son image dans le Parlement, le visage barré d’une épaisse moustache, la tête coiffée d’un tricorne de cuir verni, est restée célèbre. La tentative de coup d’État est, dit-il à l’époque, faite « au nom du roi ».
Il avait assuré qu’il « referait la même chose »
Mais dans la nuit qui suivit, le roi Juan Carlos, à la tête de l’État depuis la mort de Franco, fait échouer ce putsch et prononce dans la nuit une allocution solennelle dans laquelle il déclare que « la Couronne (…) ne saurait tolérer en aucune façon des actions ou des attitudes de personnes qui prétendent interrompre par la force le processus démocratique ».
À son procès, Tejero avait affirmé, pour expliquer cette tentative de coup d’État, que, « début 1981, la situation en Espagne était (…) plus grave qu’en 1936 » au début de la Guerre civile. Il avait aussi assuré que s’il le pouvait, il referait « la même chose ».
À la mise en terre du cercueil de…
Auteur: La Croix (avec AFP)

