L’Algérie poursuit le nettoyage des déchets radioactifs laissés par les essais nucléaires français. Le ministère algérien de la Défense a lancé, dimanche 1er novembre, une deuxième opération d’assainissement du site de Béryl, à In Ekker, dans la région de Tamanrasset, au sud du pays.
La date n’a pas été choisie au hasard : le 1er novembre marque le début de la guerre d’indépendance algérienne, déclenchée en 1954. Entre 1960 et 1966, la France a réalisé 17 essais nucléaires dans le Sahara algérien, sur les sites de Reggane et d’In Ekker. L’un d’eux, l’essai Béryl, mené le 1er mai 1962 à In Ekker, avait provoqué un accident nucléaire majeur avec un rejet massif de radioactivité hors de la montagne où il était censé rester confiné. Des déchets radioactifs avaient aussi été enfouis sur le site. Alger avait déjà lancé une première campagne de dépollution en janvier.
Le gouvernement algérien accuse Paris de ne pas lui avoir transmis les documents qui permettent de localiser les déchets enterrés. Il dénonce le refus de la France « d’assumer ses responsabilités pénales ». Une version contestée par le gouvernement français. Dans une réponse publiée le 8 septembre à une question parlementaire, le ministère des Armées affirme qu’Emmanuel Macron a remis au président Abdelmadjid Tebboune, en août 2022, un dossier qui rassemble les cartes et les informations disponibles sur les déchets enfouis et les zones contaminées.
Pour Jean-Marie Collin, directeur du bureau français de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (Ican), la France doit rendre ces documents publics. « Il est nécessaire de les porter aux yeux du grand public, afin que l’on puisse réellement savoir ce qu’il y a dedans », a-t-il déclaré à RFI le 2 novembre.
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Auteur: La rédaction de Reporterre
