Les champignons disparaissent en silence. Sur les 150 000 espèces connues dans le monde, seules 1 300 ont pu être répertoriées sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Parmi eux, 411 sont menacées d’extinction.
Un effort significatif a été fait pour explorer un groupe quasiment pas couvert jusque-là. », dit Florian Kirchner, responsable du programme Espèces à l’UICN France « C’est un petit pas, mais qui est remarquable. On sait désormais que le bolet rubis, le bolet de plomb, le lactaire des saules réticulés et le lactaire mamelonné des tourbières sont des espèces menacées en France. Un constat encore bien maigre face aux 2,5 millions d’espèces de champignons estimées sur la planète, et non répertoriées.
Ni plantes ni animaux, les champignons sont des êtres vivants formant leur propre règne. Et ils ne se résument pas à un pied et un chapeau. Ce que nous voyons, quand nous nous promenons, est en fait la fructification du champignon. L’essentiel se passe dans le sol, par un réseau de filaments (le mycélium) qui peut produire un appareil reproducteur, la fameuse fructification du champignon que nous consommons quand ils ne sont pas toxiques.
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Contrairement aux oiseaux, aux mammifères ou à certains insectes comme les papillons, les champignons sont sous-étudiés. En cause : le manque de financement, de structuration de la connaissance, de données scientifiques et de formation en mycologie — la science étudiant les champignons. Il existe bien des mycologues amateurs. Mais « la mycologie n’est pas une science facile d’accès », explique Hervé Cochard, président de la Société mycologique de France et directeur de recherche à l’Inrae. L’étude des champignons au microscope et l’absence…
Auteur: Annabel Martinez-Canavy

