Les statistiques pour l’année 2022 soulignent clairement la baisse des investissements dans les fintechs, les start-up de la finance. Celles-ci ont enregistré une baisse dans les levées de fonds à 75 milliards de dollars, 46 % de moins par rapport à l’an dernier. Dans son rapport semestriel « Pulse of Fintech », KPMG a montré que le marché des fintechs s’est replié en 2022 avec une baisse des investissements mondiaux dans le secteur de 238,9 milliards de dollars en 2021 à 164,1 milliards de dollars (capital-risque, capital investissement, et fusions-acquisitions).
Début mars, la faillite de la Silicon Valley Bank, la banque américaine des start-up, a, sans aucun doute, constitué un contrecoup de cette inversion de tendance. Ce séisme qui a fait trembler l’ensemble du secteur financier ne signale-t-il pas la fin de l’ère des fintechs ? Ou peut-être que cette crainte est exagérée ?
Les fintechs ont indéniablement accéléré l’innovation dans les banques traditionnelles. Celles-ci considéraient leurs départements informatiques avant tout comme des centres de coût. Ainsi, les équipes IT des banques étaient généralement constituées de bataillons de spécialistes de l’informatique de gestion ayant pour objectif premier d’assurer la production et la sécurité des systèmes d’information.
Ces organisations laissaient donc peu de place au développement logiciel, aux nouvelles méthodes d’analyse de données (« data science ») et aux architectures ouvertes, piliers de l’innovation insufflée par les fintechs.
Pour cette raison, les banques ont adopté une approche de prédateur face aux fintechs en les rachetant à un prix souvent moins élevé que le potentiel coût de développement en interne. Par exemple, BNP Parisbas a racheté la néo-banque Compte-Nickel en 2017, ou encore Kantox, qui a développé une solution de gestion automatisée, en 2022. L’an dernier, la Société générale a…
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Auteur: Aymen Turki, Professeur de finance, Groupe ESC Clermont

