« Si Marine Le Pen et Jordan Bardella qui s’en prennent aux étrangers arrivent au pouvoir, ça va être compliqué ». Une petite dizaine de personnes écoute Fernanda Marrucchelli, coordinatrice nationale de la Fasti (Fédération des associations de solidarité avec tous.tes les immigré.es). Jeudi 4 juillet, en préambule de la permanence juridique, elle fait un point sur l’actualité. Elle conseille « de ne pas rester tous seuls devant la télé et de se rassembler ». Quelques minutes plus tard, la permanence a commencé. Elle durera trois heures. Au bout de la salle, plusieurs personnes attendent leur tour sur trois rangées de chaises en plastique.
Assis sur l’une d’elle, Hamara* se touche les mains nerveusement. « On a peur, un peu », amorce-t-il timidement au sujet du Rassemblement national. Avant d’ajouter : « s’ils arrivent au pouvoir, ils vont cogner tout le monde ». Ce qu’il souhaite avant tout c’est un rendez-vous rapidement à la préfecture pour un titre de séjour. Sans papiers, cet homme mauritanien de 34 ans a dû arrêter son travail en cuisine. Il a une attestation certifiant qu’il a des démarches en cours pour être en règle, mais « ça suffit pas pour travailler. Et si je me fais arrêter, c’est très risqué. »
Les prénoms suivis d’une astérisque ont été changés.
Sur la rangée derrière, un homme en chemise attend son tour. En France depuis plus de 10 ans, Dembele* explique que depuis trois semaines, la possible arrivée au pouvoir de l’extrême droite, « c’est l’unique sujet ». Il développe : « Les discours, ils étaient là, mais ils étaient loin. Maintenant, ils sont à la porte du pouvoir. Il y a une équation inconnue et on a peur. » Même s’il est en France depuis 10 ans, qu’il travaille…
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Auteur: Pauline Migevant

