L’eau moins chère et sans abonnement, des investissements à la hausse pour l’entretien du réseau, des aides supplémentaires pour les personnes en difficulté avec leur facture : le père Noël est passé le 1er janvier, dans les neuf communes d’Est Ensemble, à savoir Bagnolet, Bobigny, Bondy, Le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin et Romainville. Pour les quelque 435 000 habitant·es de cet établissement public territorial (1) de Seine-Saint-Denis (93), les services de l’eau potable et de l’assainissement sont assurés, depuis le début de l’année, par une régie publique, en lieu et place du Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif), premier service d’eau en France desservant 4 millions d’usager·es sur 133 communes, et de son délégataire privé Veolia, mastodonte multinational.
Dénomination propre aux départements de la métropole du Grand Paris, et qui remplace les « communautés d’agglomérations ».
La promesse d’« Eau publique par Est Ensemble », la nouvelle régie, est marquée au coin de l’équité sociale. Première mesure, la suppression de l’abonnement : d’un montant fixe, il pénalise proportionnellement les foyers les moins consommateurs. Or près de 92 % des ménages d’Est Ensemble comptent au plus quatre personnes, et le département est classé le plus pauvre de France métropolitaine. Ensuite, la tarification a été totalement refondue, définies en fonction des principaux usages de l’eau potable. La première tranche de 10 mètres cubes (m3), soit 10 000 litres, est gratuite, correspondant à l’eau « vitale » — boisson et cuisine —, que consomme en moyenne un foyer de six personnes chaque année.
Eau utile, eau superflue
Vient ensuite la consommation d’eau « utile »,…
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Auteur: Patrick Piro

