Esthétique et esthétisation de la pédophilie

Ça commence par un article, une enquête d’Emmanuelle Lequeux. Le portrait de trois hommes qui ont déposé plainte en mars 2024 contre le photographe Bernard Faucon pour des violences sexuelles qui se seraient déroulées dans les années 1980. Le portrait d’un milieu, aussi, un milieu artistique et intellectuel où la prédation de jeunes garçons semblait plutôt… naturelle. L’enquête d’Emmanuelle Lequeux réveille un vieux désir en moi, celui d’écrire à propos d’artistes et écrivains qui ont alimenté une certaine esthétisation de la prédation de corps jeunes, de corps fragiles, de corps “innocents” — de corps d’enfants —, et de ceux qui l’alimentent toujours, en toute connaissance de cause.

[NDLR : La question s’est posée de republier ou non les photos extraites du site de Bernard Faucon par l’auteur. Dans la mesure où elles servent d’appui à la démonstration et la réflexion de l’auteur et qu’elles sont déjà publiquement accessibles sur son site, nous avons d’abord décidé, malgré le malaise, de les faire figurer à la toute fin de l’article. Et puis finalement, l’une des rédactrices de lundimatin a trouvé cela beaucoup trop glauque, nous les avons donc enlevées en laissant en fin d’article les liens vers le site du photographe.]
Ce désir d’écrire à ce sujet procéderait d’un double mouvement : l’énonciation d’un discours critique envers ces artistes et leurs productions artistiques, et la tentative d’une démystification de ces artistes, dont certains relèveraient aujourd’hui du mythologique voire du sacré. Intouchables ? Vraiment ? C’est ce que je commençais déjà à articuler dans mon article de juillet 2024 sur Pasolini dans les pas de Walter Siti. Certains artistes bénéficient de ce statut, un statut mythologique. Pourquoi ? Morts jeunes, morts assassinés, courageux et nostalgiques à la fois… En détricotant les composantes et les logiques de…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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