La crise sanitaire liée à la covid-19, avec l’arrêt des concerts, a-t-elle été la période la plus compliquée de votre carrière ?
Jacques Guérin : « Oui. Psychologiquement, c’était une période très dure à passer. Quand tout était à l’arrêt, je me forçais quand même à venir tous les jours au bureau sur le port de co’. Parfois, il n’y avait pas âme qui vive, pas une voiture en circulation, on se serait cru en temps de guerre. Mais je venais, car j’en avais besoin dans la tête, et il fallait retravailler nos projets, se projeter sur l’avenir, redéfinir un cap, avec mon équipe. Heureusement, l’État a joué son rôle. J’ai toujours cherché à positiver les choses quand on était dans le dur et que l’on ne voyait aucune éclaircie à l’horizon ».
Avez-vous songé un moment à jeter l’éponge ?
« Non. Je suis de nature pugnace, le renoncement n’est pas dans mon caractère. J’aime regarder devant, et c’est ce que l’on a fait avec toute l’équipe. Quand on a pris la décision en mai 2021 de monter une édition du Bout du monde, j’ai senti tout de suite que cette envie était partagée. Les énergies presqu’îliennes, tous ces bénévoles, mais aussi les partenaires, les intermittents, et le territoire dans son ensemble, tout était encore là, solide comme un roc. Cela m’a rappelé la première édition du festival en 2000, quand on s’était pris un déluge sur la tête. Je m’étais dit à l’époque : « On s’en est sorti, plus rien ne peut nous arriver » ».
Quand vous êtes arrivé à Brest, vous imaginiez créer votre propre boîte et percer dans la production de concerts ?
« Non. Je suis arrivé en 1978 au Claj de Bellevue comme modeste animateur de quartier. Puis est arrivé Rock sur la Blanche, et le Centre de création musicale au Quartz. Des gens comme Claude Morizur et Michèle Bosseur, du Fourneau, ont été essentiels pour moi. La Ville aussi, qui m’a fait confiance…
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Auteur: Claude Morizur

