Et le gagnant est…

Et donc, aujourd’hui, sur le coup de 13 heures (si tout se passe bien), on devrait connaître le nom du lauréat du prix Goncourt. Forcément, comme il n’y aura qu’un gagnant parmi les quatre finalistes, il y aura trois déçus. Avant qu’ils ne noient leur chagrin dans l’alcool, j’aimerais, comme l’a fait Le Télégramme ce week-end, leur rappeler ceci : savez-vous qui a eu le Goncourt en 1913 ? Marc Elder. Qui ça ? Ben oui : Marc Elder, l’un des sept écrivains bretons à avoir décroché le Goncourt, comme se plaît à le signaler Le Télégramme. Qui, aujourd’hui, à part Le Télégramme, se souvient de Marc Elder et du roman qui lui a valu le Goncourt, Le Peuple de la mer ? Si ça se trouve, c’est un excellent roman.

Son drame, c’est qu’il avait face à lui trois sacrées pointures : Alain-Fournier pour Le Grand Meaulnes, Valery Larbaud pour Barnabooth et Marcel Proust pour Du côté dechez Swann. Et c’est Marc Elder qui l’a emporté. Au onzième tour de scrutin, comme quoi la bataille a été sanglante. Avoir gagné contre Alain-Fournier, Valéry Larbaud et Marcel Proust, avouez que ce n’est pas rien. Mais, bon, ce n’est pas faire injure à la mémoire de Marc Elder que de faire remarquer qu’on se souvient davantage des trois autres que de lui. Voilà. C’était mon message d’espoir pour les trois finalistes malheureux d’aujourd’hui. Rappelons que tout cela se passait en novembre 1913. Peu après éclatait la Première Guerre mondiale. Mais ça n’a aucun rapport.

La suite est à lire sur: www.la-croix.com
Auteur: Alain Rémond