Et le monde tombe

En finir avec les images ? En finir avec les mots ?
En finir avec les représentations, toute représentation, tout témoignage ?

Ou devrais-je dire plus précisément : en finir avec « nos » mots, « nos » images, « nos » représentations, « nos » témoignages ? Laisser aux pouvoirs, gouvernements et autres leviers de domination de toutes sortes, tous les écrans, tout format, toute échelle, toute diffusion, leur laisser toute la place, niches comprises, que leurs boniments, leur propagande et lobbying tous azimuts, s’étalent sans plus de perturbations sur leurs chaînes, leurs plateformes, leurs Unes, leurs applications, leur mondialisation, qu’ils occupent toutes les surfaces. Les laisser à leur cécité sans borne.
Ne produisons plus d’images. Ne jouons plus sur leurs terrains.

Les sons par contre, les arracher, les garder, les propager, qu’ils (s’) échappent, qu’ils leur échappent. Qu’ils ne soient plus que cris sans fin, hurlements, partout, de partout, qu’ils soient sang qui coule et s’écoule dans les veines de cette sacrée foutue terre.

Ghassan Salhab
Peinture et titre d’une récente sidérante exposition à Beyrouth de Samir Khaddaj

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Auteur: dev