Samedi 17 octobre, le pouvoir a été pris de cours par l’ampleur de la contestation et sa radicalité. Mais il saura s’adapter : aussi, l’insurrection ne peut pas être la seule stratégie de la population face au régime, sous peine de reproduire chaque samedi les mêmes tentatives et subir une répression toujours plus organisée. Après avoir perturbé le cours de l’économie capitaliste de l’extérieur, il faut réussir à le perturber de l’intérieur, par la grève. Certains ont déjà commencé : dès le samedi 17, profitant du mouvement social, 12 salariés d’un magasin Action envahissaient leur lieu de travail avec pancartes et slogans, pour de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail : c’est très malin d’agir ainsi. Le gouvernement et le patronat ont pris peur : ils seront plus à même de lâcher du lest. Par ailleurs, ce sont bien les salaires indignes qui sont principalement responsables de la vie trop chère que nous menons tous actuellement. L’occasion pour tout le monde de se rappeler que des grèves sont en cours, par exemple celle des salariés de l’hôtel de luxe Impérator à Nîmes, qui dure depuis plus d’un mois. Leur caisse de grève est ici. La grève, classique du mouvement ouvrier depuis les origines du capitalisme, et qui plus est moyen légal et constitutionnel pour se faire entendre, est l’une des meilleures options qui s’offre à nous. Mais comment la déclencher et la maintenir dans un contexte où le taux de syndicalisation est particulièrement faible et où la culture de la mobilisation au travail a été réduite par des décennies de « dialogue social » ? À partir de notre propre expérience (d’élu du personnel et d’expert et formateur pour les CSE) et celles recueillies auprès de personnes ayant conduit des grèves victorieuses, voici plusieurs conseils pour se motiver et y parvenir.
#1 – En amont de la grève, créer une communauté d’appartenance
Il y a fort à parier…
Auteur: Nicolas Framont
