Dans une brochure récente, était évoquée « la guerre aux pauvres », c’est-à-dire les attaques sur tous les fronts menés au nom de la bonne marche du capitalisme. Faire de l’argent, toujours plus d’argent, et surtout occuper les gens à des activités insensées pour ne pas penser à l’absurdité du monde dans lequel nous sommes plongés.
La planète est un immense camp de travail. De par le monde, des salariés fabriquent des marchandises pour que d’autres gagnent de l’argent, une armée de contrôleurs et contrôleuses vérifient leur travail pendant que d’autres s’ingénient à découvrir de nouvelles marchandises qui seront vendues bientôt comme de nouveaux besoins nécessaires. Il y en a même qui s’évertuent à trouver comment les marchandises vont s’user ou s’abîmer le plus vite possible pour justifier encore plus de travail pour certains et certaines et encore plus d’argent pour d’autres. Même les loisirs sont devenus un travail comme les autres, envahis par la loi du rendement et l’obsession du calcul (en premier lieu du temps). Il suffit de voir un car de touristes faire une pause photo dans n’importe quel endroit jugé typique sur le trajet des tour-operators…
Toute activité s’est réduite à du travail. Il faut dire que l’apprentissage commence tôt : dès les bancs de l’école, cette usine à fabriquer des travailleurs et travailleuses. L’ébullition de l’imagination et le mouvement spontané vers l’aventure et la curiosité des gosses sont rigoureusement asséchés à coups de règlements, de sonneries tonitruantes et d’une cadence basée sur le rythme de l’usine ou du travail de bureau.
Le fait même de ne pas travailler – et donc d’être chômeur ou chômeuse – s’est converti en travail pénible et mal-payé. Comme il était dit dans « La guerre aux pauvres » au sujet des dernières réformes concernant l’emploi et le chômage : « nos vies seront encore plus réduites à un…
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