C’est vraisemblablement la mesure la plus discutée du plan de François Bayrou pour le budget 2026. L’annonce mi-juillet de la suppression de deux jours fériés – le lundi de Pâques et le 8-Mai – a été perçue de façon négative, au point que la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a demandé au premier ministre de revenir sur cette annonce. Mais qu’en est-il de l’impact réel de cette suppression annoncée ? L’économie y gagnerait-elle vraiment ? Dans quelle mesure, et à quel prix ?
La question revient de façon récurrente dans le débat public français : faut-il supprimer un ou plusieurs jours fériés pour relancer l’économie et améliorer la compétitivité ? L’idée, de nouveau, avancée par François Bayrou semble venue d’un raisonnement en apparence imparable : davantage de jours travaillés dans l’année équivaudraient à davantage de richesse produite, donc à plus de croissance et de recettes publiques.
Si cette perspective peut séduire par sa simplicité arithmétique, elle omet que la réalité économique est plus complexe. Les expériences menées en France comme à l’étranger montrent que l’effet est bien plus modeste que ne le laissent penser les annonces.
L’impact réel sur le produit intérieur brut (PIB) se mesure en centièmes de point, et les gains de productivité, essentiels à une croissance durable, sont quasiment inexistants. À l’inverse, les coûts sociaux et symboliques sont loin d’être anecdotiques. Supprimer des jours fériés contribue à l’effacement de repères collectifs, à la fragilisation de secteurs dépendant des temps de loisirs et peut produire de fortes contestations sociales.
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Auteur: Hugo Spring-Ragain, Doctorant en économie / économie mathématique, Centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS)
