Et si on parlait des Magical Girls?

Je me souviens exactement du samedi où tout a basculé. Chez ma cousine, à 10h00 on ne regardait ni TF1 ni France 3 comme chez moi, on regardait M6 Kids. Et à un âge bâtard, celui où Martin Matin ne m’impressionnait plus mais où je n’étais pas encore prête à feindre l’enthousiasme pour les boysbands et les pages glacées de Fan2, quelque chose est apparu sur l’écran qui m’a clouée sur place : une fille, des costumes colorés et des esprits gigantesques à combattre, qu’elle affrontait seule, avec ses pouvoirs, sans attendre que quelqu’un vienne la sauver ou lui donner la permission. La messe était dite : S01 EP02 Sakura, Chasseuse de Cartes. Je suis restée ébahie devant cet épisode comme devant une évidence que personne ne m’avait encore formulée : il existait donc des dessins animés où des filles se battaient. Pas pour être secourues. Pas pour plaire à quelqu’un. Pour elles. Parce qu’elles le pouvaient.

Ce genre s’appelle les magical girls ou mahō shōjo en japonais. Il est né au Japon dans les années 60, il a traversé les décennies, les continents et les écrans de salon pour atterrir un samedi matin sur M6 dans le salon de ma cousine. Et depuis, il est resté quelque part dans un coin de ma tête comme une question mal formulée : pourquoi personne n’en parlait sérieusement ? Pourquoi, quand on en parlait, c’était toujours sur le ton de la condescendance amusée : ah oui, les dessins animés pour petites filles ? Pourquoi les garçons qui regardaient Sailor Moon, Card Captor Sakura ou Winx Club en cachette n’auraient jamais osé l’avouer dans la cour de récré ? La réponse, je crois, est aussi simple que brutale : parce que c’était pour les filles, on n’a pas jugé nécessaire de regarder ce qu’il y avait dedans. Et c’est précisément pour ça que les magical girls ont pu y mettre ce qu’elles voulaient.

Ma sorcière bien élevée

Pour comprendre d’où viennent les magical…

La suite est à lire sur: frustrationmagazine.fr
Auteur: Farton Bink

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