Partout, les éoliennes sont blanches ou gris clair. Un choix qui, malgré les justifications techniques, semble avant tout être celui de la prudence ou de l’évidence. Mais devant la défiance croissante des populations vis-à-vis de leur développement, n’est-il pas devenu nécessaire de revoir nos certitudes ?
À en croire les recherches en sciences sociales, la beauté n’a rien d’universel. L’essentiel des études, notamment depuis celles de Pierre Bourdieu sur les goûts et pratiques culturelles des Français, ont montré qu’elle est affaire de cultures, valeurs et groupes sociaux. Nos goûts, mais aussi nos dégoûts, sont autant d’occasions d’affirmer notre identité et notre positionnement social.
Pourquoi en serait-il différemment avec les éoliennes ? Les enquêtes passées ont mis en lumière le fait qu’elles étaient encouragées par certains groupes, plus souvent ceux associés à la gauche de l’échiquier politique, et rejetées par d’autres, en particulier les plus conservateurs et certains groupes dépolitisés. En somme, elles sont un objet socialement clivant.
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Dans le cadre d’un travail d’accompagnement d’acteurs privés de l’éolien, Mobilisations.org (consultant énergies renouvelables et contestations) a commandé une enquête d’opinions réalisée auprès de plus de 1500 personnes et mené une réflexion sur le sujet pour voir si ces clivages se retraduiraient dans les perceptions esthétiques.
Une image écornée
La première réflexion ressortant du sondage est que l’optimisme qui prévalait encore il y a quelques années, quand des enquêtes affirmaient qu’un Français sur deux trouve les éoliennes « très belles » ou « plutôt…
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Auteur: Alessio Motta, Consultant mobilisations.org/enr et enseignant-chercheur en sciences sociales, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

