Frédéric Héran est professeur émérite à l’université de Lille. Il a consacré sa recherche aux évolutions des modes de transport, sous l’angle de leur intérêt écologique.
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Reporterre — Si toutes et tous, on roulait à vélo, à quoi le monde ressemblerait-il ?
Frédéric Héran — Il faut d’abord dire que le mode de déplacement à privilégier est avant tout la marche. Puis le vélo, puis les vélos plus sophistiqués, puis les transports publics et enfin la voiture. C’est cette hiérarchie dont il faut discuter.
On marcherait beaucoup plus et on ferait beaucoup plus de vélo.
Oui. Ce sera un monde beaucoup moins bruyant, beaucoup moins polluant, beaucoup moins consommateur d’espace, et surtout beaucoup moins utilisateur de matières premières.
Les vélos constituent aujourd’hui une gamme de moyens de déplacement très variés.
Il y a d’abord le vélo classique que tout le monde connaît, et ce qu’on appelle les vélos spéciaux, qui comprennent les VAE, les vélos à assistance électrique. Ensuite, les vélos allongés, qu’on appelle aussi des vélos familiaux, sur lesquels on peut mettre 2 ou 3 enfants. On peut ajouter les vélos pliants qui sont en plein boom, et les vélos couchés, où le pédalier se situe devant le conducteur. On est donc en position couchée avec les jambes vers l’avant qui pédalent.
« Il y aura encore des camions, mais beaucoup moins »
On peut aller beaucoup plus vite, parce qu’il y a une moindre résistance au vent quand on est au-delà de 20 km/h. Il y a encore mieux, c’est le vélomobile : la même chose qu’un vélo couché mais caréné, avec une coque en résine, c’est encore plus aérodynamique.
Les vélos couchés et mobiles ont été inventés il y a un siècle. Quelle est leur histoire ?
Un certain Charles Mochet les a inventés dans les années…
Auteur: Hervé Kempf , Mathieu Génon

