Dans les régions de l’Espagne qui demeurèrent sous contrôle républicain pendant la guerre civile, la lutte contre le fascisme prit une forme révolutionnaire. La pierre angulaire de cette révolution fut une expérience sans précédent d’autogestion ouvrière dans l’industrie et l’agriculture.
La guerre civile espagnole est souvent présentée comme un affrontement entre la démocratie et le fascisme. Une telle interprétation est pourtant difficilement conciliable avec la réalité sociopolitique de l’Espagne des années 1930. La polarisation sociale, économique et politique qui s’accentua dans les années précédant la guerre civile, ainsi que l’échec de la République bourgeoise démocratique (1931-1936), conduisirent à l’éclatement simultané de la guerre et de la révolution.
La victoire électorale du Front populaire en février 1936, loin d’ouvrir une nouvelle période de réformes sociales, mit en lumière l’incapacité de la démocratie républicaine à surmonter l’opposition d’une classe dirigeante déterminée à empêcher toute remise en cause de son pouvoir. Cette victoire déclencha une nouvelle vague de mobilisations des masses laborieuses, dans les villes comme dans les campagnes, que le gouvernement républicain tenta de réprimer, comme il l’avait déjà fait en 1931. De son côté, la droite renonça à tout espoir de démanteler la République de l’intérieur et choisit la voie du coup d’État militaire.
Le mouvement ouvrier
L’avenir de la République dépendait non seulement de ses ennemis de droite, mais aussi du mouvement ouvrier. Au sein du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), le courant de gauche dit « révolutionnaire », dirigé par Francisco Largo Caballero, refusait de reproduire l’expérience du gouvernement républicain-socialiste de 1931-1933. Il soutenait que les socialistes ne devaient pas participer au nouveau gouvernement et qu’il revenait aux…
Auteur: ugopalheta
