Au cours des dernières semaines, l’État espagnol a vécu au rythme des mobilisations pour le logement déclenchées par l’expulsion de Maricarmen Abascal le 23 septembre dernier. Confronté à ce mouvement et à son échec à faire passer au parlement des décrets censées résoudre la crise, Pedro Sánchez a convoqué des élections législatives anticipées qui se tiendront le 29 novembre.
Dans cet entretien, Brais Fernández, dresse un bilan sans complaisance des gouvernements « progressistes » au pouvoir depuis 2019. Il analyse également les perspectives qui se dessinent pour la gauche radicale, suite à l’échec de Podemos et à l’intégration de la gauche au bloc « progressiste » dominé par le PSOE de Sánchez. Il met en lumière les dynamiques de radicalisation en cours dans les mobilisations de rue et les expériences émergentes de la gauche anticapitaliste, notamment en Andalousie, en Galice et au Pays basque.
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Commençons par les récentes mobilisations pour le logement déclenchées par l’éviction de Maricarmen Abascal, qui a finalement entraîné sa mort, le 7 octobre dernier. Quelles sont les principales caractéristiques de ce mouvement ?
Le mouvement a éclaté suite à l’expulsion de Maricarmen, une femme de 87 ans, par un fonds d’investissement vautour, avec la complicité de tous les échelons gouvernementaux, qui ont fait preuve de passivité. Mais le mouvement pour le logement s’active dans la rue depuis des années et constitue un secteur clé de l’organisation sociale. Il a traversé plusieurs phases.
Après 2008, les Plateformes des personnes affectées par les hypothèques (PAH) ont pris une place centrale. Elles ont formé un réseau d’assemblées communautaires fortement ancrées dans le tissu social confronté au problème des expulsions causées par la crise économique et le chômage. Les PAH existent toujours, mais le mouvement s’est progressivement concentré sur la question du…
Auteur: romain romain
