La restitution des États généraux de l’information, lancés il y a neuf mois, a eu lieu le 12 septembre. « Cinq groupes de travail rassemblant une cinquantaine de personnes ont œuvré à un ensemble de propositions sur des thèmes précis. 22 assemblées citoyennes et évènements organisés en région, 174 auditions, 76 contributions […] la mobilisation a été exceptionnelle », vante le rapport. Mais les quinze propositions retenues par le comité de pilotage ne font pas illusion. Tout ça pour ça ?
Le rapport de 350 pages (auquel il faut ajouter les 130 pages de la « contribution citoyenne ») accumule constats, propositions, et autres « scénarios » pour 2050. Mais derrière les grandes envolées lyriques – le rapport est intitulé « Protéger et développer le droit à l’information : une urgence démocratique » –, c’est le grand gloubi-boulga. On y trouvera certes à boire et à manger, mais on est loin, par exemple, des contre-propositions formulées fin 2023 par les États généraux de la presse indépendante, dont Acrimed était partie prenante. De ce point de vue, la prise de position du président du comité de pilotage, Bruno Patino, appelant à prendre en compte « la liberté d’entreprendre, car les actionnaires ou les entrepreneurs ont eux aussi leur liberté d’entreprendre » (France Inter, 13/09), donne la mesure des ambitions réelles du projet.
Les syndicats de journalistes voient d’ailleurs dans certaines recommandations un manque « de clarté ou d’ambition : sans doute le résultat d’un compromis visant à satisfaire les patrons de presse ». « Timidité » pour le Fonds pour une presse libre, « fadeur extrême » pour Mediapart : les 15 propositions ne recueillent pas les louanges, loin s’en faut. C’est que, comme l’explique Mediapart, « les propositions sont affaiblies par un écueil majeur : elles situent la menace quasi exclusivement du côté des algorithmes, des…
La suite est à lire sur: www.acrimed.org
Auteur: Nils Solari

