Melania Trump, le regard apeuré ; plusieurs centaines d’invités en tenue de soirée se jetant sous les tables avant que les équipes de sécurité ne fassent irruption, lourdement armées, dans la salle de bal : la panique qui a suivi, samedi soir, la fusillade intervenue dans le hall de l’hôtel de Washington où se tenait le gala annuel des correspondants de la Maison-Blanche en présence du président des États-Unis, dit bien la violence de l’attaque. Réelle et symbolique.
Même si l’assaillant n’a pas, pour l’heure, livré d’informations sur les motivations de son geste, nul doute que Donald Trump, qui a déjà fait l’objet par le passé de plusieurs attaques, était visé. Et à travers lui, une certaine idée de la démocratie, dont l’état n’est guère reluisant outre-Atlantique. Particulièrement depuis le début du second mandat du milliardaire.
Depuis plus d’un an, les observateurs ne cessent de décrire les fractures de la société américaine, toujours plus polarisée. Le président des États-Unis a d’ailleurs confié, après l’arrestation du criminel, qu’il s’apprêtait à tenir un discours musclé devant les journalistes dont il avait jusque-là boudé le rassemblement. Dans le même temps, il a salué leur comportement lors des événements de la soirée.
Ces mots d’apaisement sont bien trop rares pour ne pas être soulignés, avec un certain soulagement. De même que les expressions de soutien au président américain et à son épouse, venues de la part de dirigeants du monde entier qui entretiennent des relations houleuses avec lui, ne semblent pas seulement relever de la politesse. Faut-il y voir un début de prise de conscience collective ? Nous voulons le croire. On ne blesse pas impunément la démocratie, sans laisser le sentiment, surtout aux esprits les plus fragiles, que la violence y a droit de cité.
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