Victor Miller s’est présenté en mai 2024 comme candidat à la mairie de Cheyenne, dans le Wyoming (ouest des États-Unis) sous l’un de ses surnoms, « Vic », comme le permet la législation locale. Ce surnom n’a pas été choisi par hasard : il le partage avec son IA qu’il a créé, VIC (pour « Virtual Integrated Citizen », soit Citoyen intégré virtuellement). Victor Miller, employé au service informatique dans la bibliothèque du comté de Laramie a déjà annoncé que, s’il était élu, l’IA seule se chargerait de prendre les décisions. Lui ne serait que « la marionnette de chair » (meat puppet).
La synergie entre le candidat et l’IA est presque totale. À chaque apparition publique, Victor Miller porte autour du cou une petite enceinte qui permet à ses interlocuteurs de parler directement avec l’IA, et d’obtenir une réponse. Les réponses aux questions des journalistes par e-mail sont écrites à la première personne du pluriel et signées « Victor Miller et VIC ». Victor Miller n’est affilié à aucun parti américain. À ses yeux, l’utilisation de VIC permettrait d’éviter un schéma de politique « trop arbitraire », et de se baser sur des solutions pragmatiques taillées aux besoins de sa communauté.
Ce n’est pas le seul exemple d’une IA utilisée ou « présentée » à une élection. Au Royaume-Uni, un candidat aux élections législatives du 4 juillet 2024 effectue sa campagne avec une IA partageant son prénom et son apparence. Mais dans le cas de VIC, il ne s’agit pas seulement d’une IA accompagnant la campagne d’un humain. Victor Miller souhaite faire de l’IA le véritable « cerveau » de sa candidature, disposant d’un certain pouvoir décisionnel. En cas de victoire, son rôle serait, selon ses mots, cantonné à s’assurer d’un « regard humain et d’un alignement avec les valeurs de la communauté [de Cheyenne] » dans les décisions de Vic.
Pallier les faiblesses…
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Auteur: Gaspard Barthélémy

