Connor Phillips s’émeut au moment d’évoquer son sort. « Dans deux semaines, mon travail s’arrêtera net, dit-il. Mon accès au labo sera révoqué. » Le jeune scientifique, devenu chercheur afin d’aider les enfants atteints, comme lui, de paralysie cérébrale, a appris en février la suppression imminente de son poste. Motif : les coupes budgétaires drastiques du gouvernement Trump, destinées à réduire les dépenses de l’État fédéral.« Cela veut dire que des enfants handicapés le resteront, se désespère-t-il. Les remèdes ne seront pas trouvés. »
Son laboratoire fait partie des nombreuses institutions dépendant en grande partie des fonds des National Institutes of Health (NIH), principaux organismes de financement public de la recherche biomédicale et comportementale aux États-Unis et dans le monde, avec un budget annuel de près de 40 milliards de dollars (36,7 milliards d’euros). Or, en vue d’économiser 5,5 milliards de dollars par an (5,05 milliards d’euros), ceux-ci viennent d’annoncer une baisse de leurs subventions.
« On a l’impression de devoir nous battre pour notre survie »
Pour la communauté scientifique, c’est un coup de plus dans l’offensive ouverte par le gouvernement Trump depuis son retour au pouvoir. Fin du financement de projets liés à la population LGBT +, suspension de travaux jugés trop « woke », bannissement de 200 mots des sites Internet fédéraux, licenciement brutal de milliers de fonctionnaires affectés à la surveillance des épidémies, à l’étude du changement climatique… Des sciences sociales aux sciences dures, la fabrique des savoirs fait l’objet d’une attaque tous azimuts au nom de la simplification administrative et de la réduction des dépenses.
« Lors du premier mandat de Donald Trump, on devait faire du lobbying pour défendre nos intérêts, désormais, on a l’impression de devoir nous battre pour notre survie », explique Jonathan, un…
Auteur: Alexis Buisson (à New York) et Marianne Meunier

