Suivre une formation universitaire reste-t-il un investissement pertinent lorsque cela suppose de s’endetter pour des dizaines d’années ? Une partie croissante des jeunes Américains considère que les bénéfices de leurs diplômes n’en justifient pas le prix. Alors que la Cour suprême a bloqué la tentative de l’administration Biden d’alléger le fardeau de cette dette, la situation met sous pression les universités et divise le champ politique.
Université de Ljubljana, été 2015. Un homme discute avec des étudiants au milieu du campus : « Aux États-Unis, les jeunes accumulent des dettes de plusieurs dizaines de milliers de dollars, parfois même plus de 100 000 dollars par étudiant. » Les étudiants slovènes sont surpris. L’une d’elles s’exclame : « C’est insensé ! »
Dans le documentaire Where to Invade Next (2016), le réalisateur américain Michael Moore explique à ses compatriotes que la dette étudiante n’est pas inéluctable et que, dans la plupart des pays européens, l’éducation est largement financée par l’État. En Slovénie, Moore rencontre des jeunes qui ignorent même le concept de dette étudiante et peinent à comprendre pourquoi l’éducation est si coûteuse aux États-Unis.
Si les Américains semblent méconnaître la gratuité des études en Europe, les jeunes Européens ignorent souvent l’ampleur de la dette étudiante aux États-Unis. La gratuité des études en France contraste fortement avec le système américain, où l’éducation est perçue comme un investissement individuel plutôt que comme un droit. La dette génère un stress important pour les jeunes diplômés américains, qui entament leur carrière avec des remboursements de prêts à long terme, ce qui représente un défi économique majeur pour chaque étudiant en particulier et pour le pays en général.
La dette étudiante est également une préoccupation majeure pour les dirigeants d’universités…
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Auteur: Alessia Lefébure, Sociologue, membre de l’UMR Arènes (CNRS, EHESP), École des hautes études en santé publique (EHESP)

