Si un certain nombre de vétérans de l’armée ont rejoint les rangs de l’ultra-droite, il ne faut pas se fier au cliché qui présente tous les anciens combattants comme des fanas d’armes à feu déterminés à soutenir Donald Trump en toutes circonstances. Il s’agit d’un groupe disparate, uni avant tout par la défense des avantages que confère le statut de vétéran.
Dans la campagne électorale en cours aux États-Unis, le rapport des deux candidats à l’armée et, plus encore, aux anciens combattants, est régulièrement scruté par les observateurs et le grand public. Deux épisodes récents en témoignent.
La sélection de Tim Walz comme colistier par Kamala Harris a suscité une vive polémique, les adversaires du gouverneur du Minnesota l’accusant de stolen valor (c’est-à-dire de se prévaloir indument de faits d’armes) en raison de sa décision de quitter la Garde nationale avant un déploiement en Irak au milieu des années 2000. La seconde polémique fit suite à la tentative de Donald Trump de tourner une vidéo promotionnelle au sein du cimetière national d’Arlington, où de telles pratiques sont normalement interdites, lors d’une cérémonie de commémoration marquant le troisième anniversaire de l’attaque suicide à l’aéroport de Kaboul durant le retrait des États-Unis d’Afghanistan à l’été 2021. Un employé du cimetière tenta d’empêcher le tournage, donnant lieu à une brève altercation avec le personnel de Trump.
La couverture médiatique, brève mais intense, de ces deux épisodes montre que l’héritage des guerres de l’après-11 Septembre est encore vivace outre-Atlantique, et que les vétérans des forces armées continuent d’y bénéficier d’un statut à part.
Tous trumpistes, vraiment ?
Cette observation se vérifie au-delà de l’actualité immédiate. La victoire de Trump en 2016 a mis en lumière la montée en puissance de l’extrême droite aux États-Unis, et…
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Auteur: Olivier Burtin, Associate Professor of US History and Civilization, Université de Picardie Jules Verne (UPJV)

