Retour sur l’émergence et le rôle devenu essentiel dans la politique américaine des médias conservateurs – une étiquette d’ailleurs discutable en soi, tant leur idéologie et leur ton n’ont plus grand-chose à voir avec le conservatisme au sens traditionnel du terme…
Lors du débat présidentiel du 10 septembre dernier, quand Kamala Harris le met explicitement en cause pour son rôle dans les émeutes de Charlottesville de 2017, c’est de l’autorité de Sean Hannity et Laura Ingraham, animateurs vedettes de Fox News, que Donald Trump se prévaut pour attester la véracité de sa version des événements.
Que le candidat républicain s’en remette à deux personnalités phares du prime time politique de la première chaîne conservatrice du pays (Hannity et The Ingraham Angle, leurs émissions respectives, attirent plus de 2,5 millions de téléspectateurs quotidiens) ne doit rien au hasard : depuis l’émergence de la radio conservatrice à la fin des années 1980, l’écosystème des médias conservateurs exerce une influence souvent cruciale sur les destinées du Parti républicain ; depuis 2016, il est un allié proprement indéfectible de Trump. On le constate à chaque intervention ou mention, sur ces chaînes et radios, de Trump ou de ses adversaires. Ainsi, quand Kamala Harris s’est jetée dans l’arène en acceptant l’invitation de Bret Baier, présentateur vedette du journal télévisé, ce 16 octobre, sur le plateau de Fox News pour un entretien de 60 minutes, elle y a été accueillie avec une agressivité tranchant violemment avec le ton cordial employé à l’égard du candidat républicain.
Retour sur l’histoire d’un acteur clé dans le dispositif de reconquête du pouvoir de l’ancien président.
L’essor fulgurant de la radio conservatrice au début des années 1990
Premier média conservateur accessible au grand public, le talkshow radiophonique investit les ondes en août 1988 avec le lancement…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Sébastien Mort, Associate Professor, Université de Lorraine

