Une vieille doctrine remise au goût du jour, au bon vouloir de Donald Trump. En 1823, son prédécesseur James Monroe proclamait que les Amériques n’étaient plus ouvertes à la colonisation des puissances européennes, et que toute intervention sur le continent serait perçue comme une menace à la paix. Deux siècles plus tard, place à la version « Donroe ». L’enlèvement de Nicolas Maduro est « un marqueur mais illustre également une tendance de fond » du déplacement des regards internationaux vers l’Amérique latine, rapporte le directeur de l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes (OPALC) à Sciences Po, Gaspard Estrada, auditionné par la commission des Affaires étrangères du Sénat ce mercredi.
Washington face à Pékin et à Bruxelles
Le 2 décembre dernier, le gouvernement américain a dévoilé sa stratégie de sécurité nationale (NSS). L’occasion pour Donald Trump de présenter son corollaire à la doctrine Monroe : « Dans le cadre de notre nouvelle stratégie de sécurité nationale, la domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question », indiquait-il. Cette publication, un mois avant l’opération au Venezuela, « montrait la volonté des États-Unis d’intervenir de manière beaucoup plus forte, y compris en niant le droit international », explique Gaspard Estrada.
Dans le document officiel, la Maison Blanche précise que les États-Unis chercheront à…
Auteur: Aglaée Marchand

