États-Unis : une dystopie encorporée

Au moment où paraît cette chronique (1), le résultat de la présidentielle états-unienne n’est pas encore connu. On nous martèle depuis des semaines, voire des années, que notre sort planétaire est lié à la plus puissante démocratie du monde. Tout à notre crainte de subir ses dommages de plus en plus mortels, tant environnementaux que géopolitiques, nous prétendons oublier qu’il s’agit d’une puissance impérialiste ayant délibérément maintenu une démocratie imparfaite et racialement inégalitaire, tout en vaquant à ses exactions de par le monde.

Si après avoir été génocidaire, elle a fini par abolir l’esclavage et la ségrégation raciale, elle maintient une ligne de couleur qui traverse toutes les vies, y compris les blanches, prémunissant ces dernières des risques auxquels toutes les autres sont exposées.

La plus puissante démocratie du monde demeure un État colonial, interne et externe, son plus beau fleuron étant Israël, présenté comme un « allié ».

Si cette puissance impérialiste a servi son intérêt bien compris en penchant parfois pour des luttes anticoloniales, comme ce fut le cas pour l’Algérie, elle demeure un État colonial, interne et externe, son plus beau fleuron étant Israël, présenté comme un « allié ». Or elle l’a façonné à son image, arrogante, armée, raciste, sexiste, n’en déplaise aux crédules du pinkwashing, et sanguinaire, comme chaque nuit qui passe nous le rappelle de façon ahurissante.


Sur le même sujet : Notre dossier : Les États désunis

Cet avatar dystopique est le laboratoire de toutes les politiques de destruction et de mort que le pouvoir états-unien ne peut plus aussi librement déployer sur son sol, sans y avoir renoncé. Jusqu’alors…

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Auteur: Nacira Guénif

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