Étourdissement, démangeaisons… des algues rouges prolifèrent en Guadeloupe et affectent les pêcheurs

Saint-François (Guadeloupe), reportage

La mer au niveau de la plage de la Coulée, à Saint-François, dans l’est de la Grande-Terre, prend depuis le début de l’année une teinte étrange par instants. D’habitude turquoise et cristalline, il lui arrive de virer… au rouge.

Un curieux phénomène qui a alarmé les marins locaux dès décembre 2025 : « Un camarade nous a dit que lorsqu’il remontait ses filets et ses casiers infestés d’algues rouges, il n’avait jamais vu ça auparavant. On en trouvait jusqu’à presque 100 mètres de profondeur », explique Philippe Jouve, secrétaire de l’intersyndicale pêche 971.

Depuis, le phénomène s’est étendu à presque toute la Guadeloupe. Sainte-Anne, Gosier, Sainte-Rose, le Moule… L’organisme vivant semble se développer un peu partout, occasionnant avec lui des pertes économiques pour le milieu de la pêche.

« Ces algues sont dangereuses et nous ignorons tout des conséquences à long terme »

Lorsque les marins voient flotter les algues rouges à la surface, près de leur navire, ils savent déjà qu’ils ne pêcheront rien, si ce n’est du poisson mort. « Pour certains, les pertes financières s’élèvent à 70 % de leur chiffre d’affaires. C’est terrible, car nous subissons déjà les conséquences des sargasses, du réchauffement climatique, du rejet des eaux usées dans la mer et des nouvelles interdictions de pêche durant certaines périodes, explique Jean-Michel Landre, marin et secrétaire général de la CGT Marin. Mais, ce qui m’inquiète encore plus, ce sont les conséquences sanitaires de la présence de ces algues. »

En contact régulier avec elles, il nous raconte : « Malgré nos protections, nous ressentons des étourdissements au contact de ces algues, ainsi que des démangeaisons au niveau des yeux et des mains. Le bout de nos doigts devient jaune et lorsqu’elles s’en prennent au bateau, la peinture s’écaille. Ces algues…

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Auteur: Ludovic Clerima