Étranger – Karine Parrot

En pleine préparation d’une nouvelle loi sur l’immigration dont l’objectif premier consiste à couper l’herbe sous le pied d’une droite radicalisée et d’une extrême-droite normalisée et quelques jours après que le Pape en personne soit venu rappeler à l’ordre l’Union Européenne quant à son mépris des exilés, Emmanuel Macron a jugé bon dans son allocution télévisée d’hier soir de nous rappeler ses principes : « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que dans ce contexte nauséabond,Étranger, le dernier petit livre de Karine Parrot, arrive à point nommé. La juriste met en lumière les mécanismes par lesquels l’invention de la nationalité française et l’inscription de population dans ses marges et ses angles morts ont permis de fabriquer la catégorie d’étranger, soumise à des régimes de harcèlement administratif et policier déployés pour servir les besoins du marché du travail, et plus généralement de l’économie. Karine Parrot poursuit ici le travail entammé en 2019 dans Carte Blanche (éditions La fabrique. Nous conseillons aussi son documentaire Sécurité globale, de quel droit ? co-réalisé avec Stéphane Elmadjian.

Barbare, métèque, esclave, aubain… Pendant longtemps, il n’a pas existé de définition univoque de l’étranger. Il se définissait en creux, par défaut, comme celui qui n’appartient pas à la communauté et il existait donc autant de figures de l’étranger que de manières inventées par les humains de former communauté. Ce flou entourant la notion d’étranger a aujourd’hui disparu. L’État-nation s’est approprié le concept pour en dessiner les contours au scalpel : l’étranger est celui qui n’a pas la nationalité de l’État sur le territoire duquel il se trouve. Désormais attribuée de manière certaine par l’effet du droit, la nationalité sépare…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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