« Être arrivé si près du but ne peut qu’encourager le RN à aller plus loin »

Politiste et directrice de recherche émérite au CNRS, Nonna Mayer est rattachée au Centre d’études européennes et de politique comparée de Sciences Po. Après avoir dirigé un ouvrage sur le Front national en 1989, elle n’a cessé de travailler sur la sociologie électorale de ce parti. Ses travaux portent également sur les droites radicales populistes en Europe en lien avec le genre, et sur les transformations du racisme et de l’antisémitisme. Pour Politis, elle revient sur la dynamique électorale du Rassemblement national et en analyse les composantes sociologiques.

Dans quelle mesure le résultat du Rassemblement national, arrivé en troisième position aux élections législatives, constitue-t-il malgré tout une victoire pour ce parti ?

Nonna Mayer : En termes de sièges, c’est une grosse déception. Comme tout le monde, il s’attendait à arriver en tête, même sans majorité absolue. Il s’agit donc d’un relatif revers par rapport aux attentes. Mais on ne peut pas vraiment parler d’un échec du Rassemblement national. Avec 143 sièges, il représente désormais une force incontournable à l’Assemblée. C’était déjà le parti le mieux représenté dans la dernière Assemblée nationale avec 88 sièges. Et si on raisonne en voix et en pourcentage, jamais, ils n’ont fait un tel score à ce type d’élection. Depuis que Marine Le Pen a repris le parti, en 2011, à chaque élection, le parti fait mieux que du temps du père.


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Au premier tour de ces législatives, le RN tout seul est à 29,2 % des suffrages exprimés. C’est un record absolu pour un parti qui au premier tour des législatives de 1988 faisait 9,5 % des voix et 18,6 % en…

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Auteur: Pauline Migevant

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